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Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 10:35

C’est un peu triste que mon premier article sur la vie à Osh soit celui-ci, mais c’est un sujet trop récent et trop gros pour moi pour que je résiste à l’écrire. Je vais vous parler de mes nuits ici, ou plutôt de deux nuits en particulier. Alors, qu’est-ce que ça veut dire, dormir loin de chez soi? Dans un pays étranger? Souvent, ça se traduit en contentement, bonheur, petites joies, stress sur les classes du lendemain, excitation, inquiétude sur les visas et j’en passe. Mais parfois, c’est la peur qui prend le dessus. Voici deux histoires.

 

La première s’est déroulée autour du 5 mars. Je m’en souviens, parce que c’était la date des élections locales. Le rapport? Des rumeurs de possibles violences/de reprise des massacres de 2010. Des rumeurs vagues, mais présentes quand même. Faciles à ignorer le jour. Cependant, cette nuit-là (le 4 au soir donc), nous venions tout juste, Karen et moi, d’établir notre plan de conduite en cas d’urgence. Une discussion vraiment étrange, où l’on se prend à imaginer tous les pires scénarios. Où évacuer? À la première alerte? Après les premiers feux? Et si on est séparés? À vélo ou à pied? Et ça va venir du centre-ville ou des banlieues? Bref, un brin stressant. Surtout que toute la ville semblait retenir son souffle. Évidemment, on finit par mettre ça de côté, se regarder un petit film et se coucher. Je m’endors, ça va.

 

Réveil. Merde, c’était un coup de feu, ça, non? Peut-être pas, mais j’entends distinctement un groupe gueuler dans les rues. Ça devait être un coup de feu. En tout cas, ça se calme pas. On a beau essayer de relaxer, on demeure malgré soi à l’écoute du moindre bruit. Karen aussi est réveillée, mais elle ne dit rien. Et, incapable de m’en empêcher, je me repasse dans ma tête les discussions des mois passées, à savoir comment personne n’avait vu venir les violences d’il y a deux ans, apprenant après un jour ou deux qu’il était impossible de sortir de chez soi. Et si ça arrivait en ce moment même? Sirène de police. Je n’ai vraiment pas d’affection pour les services de l’ordre (ici ou au Québec, d’ailleurs!), mais c’est quand même réconfortant. Parce que, il y a deux ans, c’est une fois les polices complètement disparues que le bain de sang avait commencé (ah oui, apparemment, selon les collègues de Karen, des escouades complètes avaient pris des vacances inopinées pour ces élections du 5 mars… encore une fois, rumeurs?). Bref, si la police est encore là, c’est que ça n’a pas explosé. (Pas encore, ne peut s’empêcher de me rappeler mon cerveau!).

 

Évidemment, au final, rien n’est arrivé. Je me suis rendormi/reréveillé 4-5 fois cette nuit là et les suivantes, mais évidemment mon insomnie n’a eu aucun impact sur les événements qui sont demeurés pacifiques. On se sent un peu con après. Parce que, rationnellement, il n’y avait pas de raison pour paniquer, uniquement pour demeurer vigilant. Mais bon, l’inquiétude nocturne, ce n’est pas rationnel… Je me demande quand même comment j’aurais réagi en octobre dernier, quand les élections présidentielles avaient lieu et que les rumeurs étaient AUTREMENT plus inquiétantes. C’est peut-être bien pour ma santé mentale que je sois allé en Chine à ce moment là…

 

La deuxième nuit, c’est celle d’hier. Différente, mais beaucoup plus dérangeante. C’était Navrous, soit la fête du printemps qui est probablement la seconde en importance pour les Kirghizs. Journée fériée, journée joyeuse que nous avons passée à faire des plans de voyage et à magasiner au bazaar. Je m’endors donc paisiblement. Réveil, encore une fois, en pleine nuit (j’écris vraiment dramatique, non?) . Cette fois, c’est dans notre bloc d’appartements. Quelqu’un, un homme, gueule. Le réflexe, c’est d’essayer d’entendre s’il est seul/s’il semble cogner aux portes, mais non. Il gueule, c’est tout. Sa voix est parfois entrecoupée de bruits étouffés, que je mets une bonne minute à identifier. En fait, c’est un faible souffle, comme un début de gémissement féminin, qui me fait comprendre. Je n’avais jamais entendu le bruit que ça faisait, taper sur quelqu’un, avant. Comme un genre de pof qui ne resonne pas. Et la fille ne réagit pas, ne dit pratiquement rien, ne fait aucun bruit. Et ça dure. Je sors de ma torpeur; Karen est clairement réveillée. Et là je panique un peu. Je fais quoi? Même pas la peine de penser à la police, car battre sa femme/autre fille n’est quasiment pas un crime, selon ce que l’on m’en a dit. De toute façon, elle n’arrivera jamais à temps. C’est là que je réalise que j’ai un choix à faire, pendant que ça continue, ça continue. Il faudra que je m'en mele personnellement. Et bien, je n’ai rien fait. Du tout. Je ne me suis même pas levé. Ça s’est terminé au bout de, je ne sais pas, quelques minutes. La fille n’a soufflé que deux fois, et tout et pour tout. Mais c’est assez pour m’empêcher de dormir pendant une grosse heure, à me demander ce que j’aurais pu faire, si je n’aurais pas du aller voir. Sentiment de merde. Je tente aussi (plus ou moins) de réconforter Karen, qui n’en mène pas large.

 

Ça a été une expérience vraiment difficile. Car ce n’était pas Kirghiz en soi, ça aurait pu arriver au Québec. Et j’ai eu la chienne de bouger, c’est assez dur à avaler. À se demander si ça vaut la peine d’aller au bout du monde, de défendre ses beaux principes, pour se retrouver gelé pendant qu’un gros épais bat sa femme. Et de ressentir ENSUITE le besoin d’en parler, parce que ça étouffe quand même. Alors voila, je vous laisse là-dessus, sur cette histoire un peu voyeur… J’ai cours de violon.

Par Louis-Philippe - Publié dans : LE voyage
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 05:13

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Par Louis-Philippe - Publié dans : LE voyage
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 09:57

Sédentarité! Cet article ne parlera (presque) pas de voyage. Ça me fait drôle, mais c’est notre petite routine que je vais raconter, pendant que je me les gèle couché dans mon sleeping-bag (j’y reviendrai). Alors, Louis il est à Osh, mais… Comment c’est ça, Osh? Ça sonne comme un gris de douleur (ouch!). Ben, c’est franchement pas si pire. Voire même plaisant. En fait, comme m’a dit un de mes amis pakistanais, faut y faire son bonheur… parce qu’elle ne le donne pas directement. Et faut être honnête, c’est vrai que ce n’est pas un hymne au génie artistique humain! Ça me rappelle un peu Mont-Laurier, en plus dense. Bon ok, le centre-ville est bien, avec son aspect de ville coloniale russe, mais à part ça, le béton domine! Mais bon, au final, ce sont les gens qui font une ville et pas ses matériaux de construction. À ce niveau, ça va mieux, car c’est une ville étudiante. C’est donc plein de jeunes! Et c’est étrange, car ils amènent leur énergie, leurs rêves et leur envie de changement à un monde que je trouve pas mal conservateur… sur fond d’intense malaise ethnique. Intéressant.

 

Mais bon, moi, j’y fais quoi? En fait, c’est une des raisons pour les délais dans l’écriture de cet article. Je voulais avoir une nouvelle à annoncer. Et bien, TARATATAM! Pas de nouvelles. En fait, j’ai passé plus ou moins un mois et demi à chercher un emploi, à visiter toutes les universités, plein d’écoles…et à obtenir sans cesse des avis enthousiastes, intéressés… et à éventuellement me river le nez à la bureaucratie. Enseigner l’histoire à l’université? Oui pourquoi pas… bénévolement. Pas de soutien visa. Ou alors, attend 2013, nos quotas d’étrangers s’ouvrent. Bon, pas d’histoire… Enseigner les langues? Même problème. Bon, tant pis pour les universités, je me rabats sur les écoles. La directrice blasée de l’une semble offrir une opportunité : après une semaine de visites (école-immigration-reécole-reimmigration-rereécole-ministère de l’étucation-rerereécole-reministère de l’immigration-reimmigration), j’en conclus qu’avec une certaine lettre, je pourrais enseigner l’histoire kirghize, ou il y a justement un poste vacant. Ben oui, bon diplôme est en histoire, alors pas question d’enseigner l’Anglais! Comme si j’étais plus qualifié en histoire locale… Bon, le salaire me rebute un peu, car avec une seule charge d’enseignement, ça tourne autour de 50$ par mois… En plus, c’est pas certain que toutes ces démarches me permettent d’obtenir le fameux visa long terme. Personne ne semble savoir en fait. Au final, je n’ai pas eu à choisir, car c’est à ce moment que je suis rappelé par l’Aga Khan school, L’ÉCOLE d’élite d’ici. Ils ont besoin d’un prof d’Anglais! En plus, le directeur est vraiment sympathique, on me donne un tour guidé de l’école. C’est dans la poche? C’est ce que je me suis dit! Seulement faut attendre après Noel, car l’embauche doit être inclus dans le prochain semestre et bla bla bla. Et le grand boss va venir à Osh et il me faut le rencontrer. Bon, ok pas de troubles. Passe les vacances (j’y reviendrai), et je rerencontre tout ce beau monde. Grand boss en retard, la semaine prochaine, on te rappellera… J’en suis toujours à ce point (bon, en fait j’ai simplement fait une croix là-dessus. Tant pis pour leurs 150$ par mois!). Complètement dégouté du processus de recherche d’emploi moi…

 

En fait, il y a eu un moment où je capotais un peu. Je veux dire, jouer à Civilization 5 et faire le tour de Dragon Age 1 et 2, c’est bien, mais je ne me suis quand même pas arrêté ici pour ça! Bon, heureusement il y a Karen qui est au fait la vraie raison de mon arrêt et ouf, de ce côté-là je ne regrette rien! J’ai un peu l’impression de ne pas lui avoir fait justice dans ce blog. C’est une personne fantastique, pleine de dynamisme, capable de me motiver (ça c’est tout un signe!), de rêver avec moi, qui aime la vie dans tous ses petits détails, qui se fout du maquillage (3 fois seulement dans sa vie, dont deux pour des concerts!), qui parvient presque à en rajouter quand je me lance dans des trucs un peu extrêmes (monter une montagne trop à pique/faire du camping d’hiver)… Ce voyage est déjà probablement l’expérience la plus intense (bon ok, une des) de ma vie, mais de l’avoir rencontrée, ça en rajoute une méchante couche! Je suis vraiment content de ne pas avoir fait le con en poursuivant vers l’Inde, seul…

 

Alors, comme je disais, j’ai eu un petit moment de déprime. C’est franchement pas cool de n’avoir rien devant soi (pour les 6 prochains mois en tout cas). Heureusement qu’il y a mes cours de violon! J’en ai d’ailleurs finalement trouvé un, je peux m’entraîner à la maison (ou plutôt, ruiner les chansons de Karen par mes pratiques mono sonores!). Pas vrai, je joue maintenant vive le vent! Bon, pour revenir à l’emploi… Puisque personne ne semble avoir la capacité bureaucratique de m’engager, qu’à cela ne tienne!  Je serai mon propre patron. Je me suis mis à la recherche d’étudiants au privé… Et ça marche! Mes petites annonces collées un peu partout en ville (et bon, surtout, l’aide de Steeve, directeur canadien d’une école de langue qui me réfère tous ceux qui veulent des cours privés!) ont porté fruit! J’ai en ce moment quatre élèves qui m’occupent en moyenne 3-4 heures par jour. Deux d’entre eux viennent carrément chaque jour! C’est un bon défi, ça me force à revoir toute ma grammaire anglaise! Mais au moins, c’est vraiment intéressant. Et ça paie le loyer… et même plus. Ça se prend bien!

 

Car, parlant finance, nous avons eu une bonne soirée déprime lorsque nous avons considéré la faisabilité de nos projets futurs… Avec pas d’argent du côté de ma copine et un prêt étudiant à rembourser pour moi, il faut planifier! Alors bon, on essaie de mettre assez de côté pour se rendre à notre prochaine destination de vie, le Caucase. Où on souhaite s’arrêter encore plus ou moins un an… On hésite encore, mais l’Abkhazie ou le Nagorno-Karabakh nous tentent! Y’a bien que Karen qui puissent favoriser systématiquement les zones séparatistes non reconnues… Enfin, on verra le moment venu! En fait, cette expérience d’enseignement me donne plein d’idées et une envie de plus en plus grande de lancer un truc à moi… Comme j’ai le temps de planifier d’avance cette fois, j’y réfléchis!

 

Sinon, la vie quotidienne suit son cours : on a un appartement, en fait le deuxième puisqu’on a déménagé fin janvier! Notre ex-propriétaire voulait nous augmenter après seulement 2 mois sous prétexte de ‘’c’est la nouvelle année!’’. Tant pis, nous on se pousse. On ne regrette pas, car en plus d’être moins cher, notre nouvel appart est vraiment centre-ville! Tout est proche, à pied. Et je peux y enseigner. ET! Pas de moisissure cette fois-ci! Bon évidemment, l’électricité est capricieuse (rien de plus demandant qu’un ordi portable, ou gare aux étincelles!), il y a des crottes de souris et IL FAIT FROID. En fait, on a une sorte de chauffage central, contrairement à l’appartement précédent, mais ça ne fournit pas et il est ici impossible de brancher notre petite chaufferette. Nous subissons en ce moment une vague de froid quasi record pour Osh… Je vous dis, -20 quand il n’y a pas de chauffage… Je dors dans mon sleeping-bag+couvertes et j’enseigne avec mon manteau et ma tuque! Bon, ça commence à réchauffer et apparemment dans deux jours il fera enfin beau! En contrepartie, ici, nous avons un chauffe-eau assez gros pour pouvoir prendre une douche (contrairement au premier appart!), le gaz n’a pas coupé encore et l’électricité seulement quelques fois! Du luxe je vous dis! Au final, on l’adore, alors c’est ce qui compte. Et surtout : les proprios habitent LOIN. On peut recevoir des couchsurfers! Notre premier a d’ailleurs été un Québécois!! Pierre a passé 2 fois 3 nuits avec nous, c’était vraiment cool d’entendre l’accent de chez nous, car honnêtement, j’ai des moments fous d’ennui…

 

Bon aller, encore deux anecdotes à raconter et je vous laisse! La première concerne le temps des fêtes. À peu près deux semaines avant Noel, on a été pris d’une intense nostalgie… Eh oh, ça fait neuf mois que je suis parti et je n’avais qu’une envie, fêter avec ma famille et mes amis! Alors, dernière minute, on décide qu’il n’est pas question de laisser passer Noel comme si de rien n’était. Difficile, dans un pays où ce n’est pas célébré et où tous les expatriés qu’on connait sont partis célébrer ça dans leur pays natal… Bref, on décide d’organiser un party : nos trois amis Pakistanais (ils sont légion ici, étudiant en médecine après avoir échoué les examens ridiculement stricts de leur pays. Selon nos amis, c’est autour de 99% des applications qui sont refusées…), une Kirghiz, un Ouzbek… et deux Français rencontrés par hasard la veille dans un café internet! Soirée mémorable, trilingue, sans alcool ni cochon! Enfin, les occidentaux de service se sont tout de même préparé un petit vin aux épices (à la grande inquiétude de Zia, Pakistanais, qui est venu me demander discrètement si je n’allais pas oser lui en offrir… Car il lui aurait fallu alors refuser mon hospitalité, sacrilège! Je l’ai rassuré!).  Et de jouer à mafia jusqu’à la naissance du p’tit Jésus! Bon, pour le nouvel an, on est resté calmes à regarder les feux d’artifices à même notre fenêtre. Ici, tout le monde en achète et les font exploser dans les ruelles… Nous avons assisté à plusieurs tirs sur les arbres/maisons/voitures… et très près des enfants! Aux nouvelles, ils ont parlé d’une vingtaine de feux et d’un nombre équivalent de blessés. Dangereux, les célébrations! C’était beau, par contre!

 

Dernière histoire maintenant, promis! Comme Karen avait des vacances pour le nouvel an, nous avons décidé de reprendre l’instinct d’aventure l’espace de quelques jours. Nous sommes donc partis pour la réserve de Sary-Chelek qui héberge un superbe lac, paraît-il. L’idée, c’était de passer quelques à marcher avec sac-à-dos. Bon déjà le premier, jour, on est pris en pitié par Kuba qui finalement nous prend dans sa voiture et nous amène chez des connaissances à lui au village de Sary-Chelek, juste avant la réserve. Superbe rencontre, au final! Même s’il était le seul à parler Russe… En chemin, il nous pointe aussi une série de grottes… La région est riche en charbon et comme le travail manque, certains ouvrent des mines à même la route… Inutile de dire que certains de ces tunnels s’écroulent chaque année…

 

Le lendemain, après une nuit au froid (leur maison chauffée étant surpeuplée, nous sommes allé dans la maison d’été. Au moins, ça protège du vent!), nous partons vers la réserve. Chaque personne rencontrée durant ce voyage (sans exception je vous dis) tente de nous faire rebrousser chemin : revenez en été! C’est laid en ce moment! Fait trop froid! Y’a pas de route! Bref, on continue. La route s’arrête, mais une piste de cheval poursuit dans le parc. 18 kms avant le lac! Au bout de (une douzaine selon moi, 8 selon Karen!), nous nous arrêtons. Il y a un petit col et les chevaux de viennent plus… ne reste que les sporadiques pistes de chevreuils. Je tape le chemin, de la neige jusqu’aux genoux. Mais on est récompensés : on a vu un caribou/renne! Fatigués, on décide de camper. En fait, la météo annonçait un redoux, donc il ne fait pas si froid : autour de 0 le jour et -10 la nuit. Et heureusement! L’objectif, c’était de nous rendre au lac le lendemain et revenir dormir au même endroit. Donc, aller-retour en trois jours. Mais bon, la nuit était froide, ma tente une place en moustiquaire laissait entrer le vent et… débutants, nous avons laissé nos bottes à l’EXTÉRIEUR de la tente. Erreur. Une heure et demi à les masser au matin pour parvenir à les enfiler… On décide de s’en retourner. Tant pis pour le lac, on reviendra! On est déjà les premiers touristes à venir l’hiver, de toute façon… On revient donc sur nos pas le moral quand même élevé. Et c’est là que ça chie. On tombe sur les gardes du parc (croisés la veille, mais ils n’avaient alors rien dit) qui nous ‘’informent’’ qu’il est interdit de dormir dans le parc. Ils confisquent même nos passeports (erreur de débutant, plus jamais je ne montre même mon passeport à un officiel en dehors d’un bureau!). Bref, on redescend de notre côté, fâchés contre eux et contre nous même, et inquiets… En bas, on nous prépare un procès improvisé : effectivement, il y a un règlement qui interdit de dormir dans le parc. Le directeur est encore pas si pire, mais l’autre connard de garde qui nous regarde avec son petit air faussement désolé/moqueur… Et voila l’amende. Dans les 80$, quand même! Soir trois fois le salaire minimal mensuel kirghiz, fois deux, plus les droits d’accès qu’on avait pas payés. Encore, ça allait encore. Là où ça devient ridiculement con, c’est que, pour éviter qu’ils ne voient combien d’argent nous avions, je sors d’avance le montant et le met dans ma poche de manteau… pour réaliser une fois à la caisse qu’il n’est plus là! Bref, on a payé deux fois parce que je suis parvenu à perdre 4000 soms… Évidemment, personne ne l’avait vu traîner, ça c’est bien certain!

 

Bref, un peu sonnés, on décide qu’on est prêts à tout pour ne pas passer la nuit dans ce village de * »$%?!. Tiens, marchons toute la nuit jusqu’à l’embranchement principal et, au matin, on prendra un minivan! Heureusement, on se calme graduellement et, comme le soleil se couchait, Kuba nous rappelle et nous indique d’autres connaissances à lui sur le chemin! On passe finalement une superbe soirée chez un couple kirghiz. Au chaud, enfin! Lui est ingénieur méchanique, elle est économiste… mais ils vivent de leurs 4 vaches et 12 moutons depuis la chute de l’URSS. De l’emploi, il n’y en a pas dans les villages, alors ils font tout eux-mêmes, sauf la farine qu’ils paient avec l’argent de la vente des noix qu’ils récoltent à l’automne. Vivre avec plus ou moins 300$ par année… et encore trouver la possibilité d’héberger le premier couple venu! Merci, sincèrement. Sinon, moment cocasse de la soirée : après avoir raconté notre rencontre à Karen et à moi, je demande à la dame : Et vous, comment vous êtes-vous croisés? Car ils formaient un super couple, vraiment complice! Et elle de répondre : Ben il m’a kidnappé et je me suis dit qu’il n’était pas si pire, alors je suis resté! Bon, dans son cas elle le connaissait déjà et ça a fonctionné, mais cette tradition de l’enlèvement des femmes pour les marier, ça cogne dans mes valeurs quand même! Et bon, on m’a bien prévenu de garder un œil sur Karen, tant que je ne l’aurai pas marié (ce que tous m’empressent de faire au plus vite, évidemment!)

 

Finalement, le lendemain, on marche jusqu’au carrefour de Kara-Djigach. C’est jour de marché hebdomadaire et les saoulons sont partout… On est invités à y dormir, mais on préfère tenter le retour. On fait donc du pouce… et on tombe sur un Kirghiz vivant en Russie et revenu pour des funérailles, qui nous prend en affection. Car ‘’le pouce pogne pas’’ et notre retour se transforme en périple! On tombe éventuellement sur un autre Kirghiz-russe revenu pour mortalité (drôle d’ambiance) qu’on baptise Père Noel (car il passait son temps à nous acheter du chocolat, des colas, une brochette de poulet dans un café…). Et de la vodka, évidemment! Nos deux Russes sombrent tranquillement dans l’ivresse, tandis qu’heureusement, le neveu du deuxième conduit sobrement! Car on passe en pleine tempête de neige qui rend le col… stressant… surtout que mon voisin saoul me parle du destin et de la fin du monde de 2012 sans arrêt! Éventuellement, 8 heures plus tard, on arrive à Uzgen, ou nos deux compagnons s’arrêtent… mais pas avant de nous avoir trouvé une voiture (il est maintenant minuit). Surtout, notre nouveau chauffeur est champion kirghiz de lutte et fortement nationaliste. Donc anti Ouzbek. Donc potentiellement anti étrangers. Opération charme enclenchée! Après deux heures ensemble, il nous adorait. Non parce que, qui n’aurait pas aimé ce couple marié, croyant et adepte de la division sexuelle du travail? Bon, ok, si on avait été le jour, j’aurais sûrement défendu mon point de vue, mais à cette heure, je voulais juste arriver chez moi en santé! Et heureusement qu’il nous a laissé à notre porte, car Osh, passé une certaine heure, c’est un peu… euh… crade. Déjà, il n’y a pas de lumière dans les rues, sauf les deux artères principales…Bref, on était heureux de retrouver notre appart!

 

Bon ben eille, je suis à jour!!!! Miracle. Au final, c’est très positif, c’est simplement une autre forme de voyage… ou de vie? 

Par Louis-Philippe - Publié dans : LE voyage
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 13:03

 

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Par Louis-Philippe - Publié dans : LE voyage
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 09:50

 Et je poursuis sur ma lancee de commentaires!

 

Alors ca, c'est la fameuse Davlyat Eje. La maman de Jildiz, la fille qui m'a accueilli lors de mon premier passage a Osh. Beaucoup de parlotte, beaucoup d'energie et... BEAUCOUP d'insistance pour que je mange plus. Une semaine chez elle et j'aurais pris 20 lbs... Quand meme un super moment.

 

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  Ouf, ca fait un moment deja! J'ai une bonne dose de nostalgie devant cette photo...Alors, a droite, ce sont ces fameux Peggy et Didier, les Francais qui m'ont recueilli et trimballes durant 3 semaines! On allait devenir tres intimes, mais a ce moment la, je ne le savais pas encore. A gauche, c'est la famille chez qui nous sommes restes trois semaines, a Tashkent: Shourat et Malakhat, sa soeur Malafat, et leurs enfants Raferdjan et Sharkhlour (ca m'a pris du temps pour retenir et prononcer les noms...). Ouf, ca me manque!

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  Et ca... c'est le coup de blues a tout les coups. Voici mes petits cocos: Adam et Ana. Non mais sont tu pas croquants?? Ca fait drole, on est devenu vraiment proches (pour moi en tout cas!) et ils me manquent plus que je ne le croyais... J'espere VRAIMENT les revoir! Et ici, je leur lis une histoire. Remarquez l'aspect heureux et interesse de Ana! Par mon histoire? Meuh non, par le bouffe en dessous du livre. C'est une petite gloutonne, elle!

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  Alors, une dose de Samarcande (pour l'architecture tres jolie, meme si un peu trop "asseptise/touristique") et une dose de... Peggy! On ne s'en doute pas sur le photo, mais nous sommes sur le point d'entrer dans une discussion philosophique de quelques heures... Eh, a la base, cet endroit etait une Medresah, donc une ecole! On s'est senti inspires j'imagine!

 

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Et une de mes photos preferes du voyage... Adam, juste apres sa massive coupe de cheveux! Il etait content, la, mon tit coco! Eh, je m'ennuie meme de ses pokemons et de ses toupies (il y a une nouvelle mode pour un manga portant sur des combats de toupies...)

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Et enfin, le moment le plus dur... Le depart. Honnetement, apres 3 semaines, ca a ete rough. J'ai "ravale" pendant un bon moment dans mon taxi! Alors, si vous lisez ceci Peggy et/ou Didier, je le redis encore: MERCI! Ca a ete vraiment genial avec vous.

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Par Louis-Philippe - Publié dans : LE voyage
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